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Le succès d'un projet de ticketing se décide rarement au moment du déploiement. Il se joue bien avant, lorsque le besoin doit être correctement formulé. Pour un directeur de l'environnement de travail, réussir cette phase préparatoire conditionne tout le reste.
Trop de projets démarrent par une comparaison de logiciels. Cette approche met la charrue avant les bœufs. Un outil, aussi performant soit-il, ne corrigera pas un cadrage défaillant : il amplifiera les dysfonctionnements en les automatisant.
La démarche inverse s'impose : comprendre d'abord ce qui coince aujourd'hui, puis construire le cahier des charges qui guidera le choix. Cinq étapes permettent de structurer cette réflexion.
Le point de départ n'est pas la plaquette d'un éditeur. C'est le terrain. Quels problèmes concrets rencontrent les équipes ? Des signalements qui se perdent entre deux boîtes mail ? Des relances téléphoniques qui s'accumulent ? L'impossibilité de savoir si une demande a été traitée ?
Cette collecte doit être méthodique. Interroger les collaborateurs qui signalent les incidents, les techniciens qui interviennent, les gestionnaires qui coordonnent. Chacun possède une vision partielle. Leur croisement révèle les vrais blocages.
Un DET qui prend ce temps découvre souvent que le problème prioritaire n'est pas celui qu'il imaginait. Tel responsable pensait manquer de réactivité ; l'analyse montre que le vrai frein est l'absence de visibilité sur les demandes en cours.

Une fois les irritants identifiés, reste à comprendre comment les demandes circulent. Par quels canaux arrivent-elles ? Qui les reçoit ? Comment sont-elles transmises ? Où se situent les ruptures ?
Ce travail révèle généralement une réalité plus éclatée que prévu entre les signalements. Cette dispersion n'est pas un accident : elle traduit les raccourcis que chacun a développés pour obtenir une réponse rapide. Documenter ces flux permet d'identifier ce qui devra changer et ce qui pourra être conservé. Un outil de ticketing ne supprime pas les usages existants d'un coup de baguette. Il doit s'y greffer pour être adopté.
Tout ne justifie pas un ticket. Un système qui enregistre absolument tout devient vite inutilisable : trop de bruit, pas assez de signal.
Le DET doit arbitrer. Les incidents affectant la sécurité ou le confort des occupants ? Les interventions soumises à des engagements contractuels ? Les demandes récurrentes qui pourraient signaler un problème de fond ? Cet arbitrage a des conséquences directes sur le dimensionnement du projet. Tracer uniquement les incidents critiques demande moins de ressources que de vouloir enregistrer chaque demande de fournitures.
Mieux vaut lancer une phase pilote (ou POC) et élargir le périmètre progressivement.

Un outil de ticketing automatise le routage des demandes. Encore faut-il avoir clarifié au préalable qui est responsable de quoi. Sans cela, l'automatisation reproduit le flou existant.
Quels incidents relèvent de l'équipe interne, lesquels vont à un prestataire ? Selon quels critères une demande devient-elle urgente ? À qui remonter un ticket resté sans suite ? Ces questions paraissent simples. Elles le sont rarement. Un problème de climatisation concerne-t-il la maintenance technique ou le contrat de facility management ? Un écran défaillant en salle de réunion relève-t-il de l'IT ou des services généraux ?
Formaliser ces périmètres en amont permet de paramétrer correctement les règles de routage dès le départ. L'outil appliquera ces règles : il ne les inventera pas.
Un projet sans critère de réussite est un projet sans fin. Le DET doit décider dès le départ comment il évaluera les résultats.
✅ Réduire le délai moyen de traitement de 48 à 24 heures.
✅ Passer de 60 % à 90 % de demandes traitées dans les temps contractuels.
✅ Diviser par deux le nombre de relances nécessaires.
Ces repères chiffrés guideront le paramétrage et fourniront une base pour mesurer les progrès. Sans eux, le projet risque de se diluer. Les équipes ne sauront pas si l'effort a porté ses fruits et la direction ne pourra pas juger du retour sur investissement.
Ces cinq étapes demandent du temps. Elles ne produisent pas de résultats visibles immédiats. Pourtant, elles constituent le socle sur lequel tout le reste repose.
Le ticketing n'est pas une fin en soi. C'est un moyen au service d'une ambition plus large : rendre visible le travail des équipes, améliorer le service aux occupants, et démontrer la valeur d'une fonction trop souvent cantonnée à l'ombre.


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