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La salle de réunion du troisième étage où la climatisation souffle en permanence, même en hiver. Le distributeur de café dont le lait mousse mal depuis trois semaines. L'éclairage trop vif de l'open space côté fenêtres. La porte des sanitaires qui grince. Ces micro-désagréments jalonnent le quotidien des occupants sans jamais remonter jusqu'aux équipes en charge de l'environnement de travail.
Pourquoi ce silence ? Le plus souvent parce que l'effort de signalement paraît disproportionné par rapport au désagrément perçu. Envoyer un mail, chercher le bon interlocuteur, formuler une demande : autant de frictions qui découragent l'expression spontanée. Le collaborateur s'adapte, contourne, supporte. Jusqu'au jour où l'accumulation génère une frustration diffuse, rarement verbalisée mais bien réelle.
Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? C'est tentant de le croire. Mais les travaux de Morrison et Milliken, publiés en 2000 dans l'Academy of Management Review aux États-Unis, démontrent le contraire. Leur concept de « silence organisationnel » explique pourquoi les salariés choisissent de ne pas remonter les dysfonctionnements, même quand ils en souffrent au quotidien.
Les raisons sont multiples : crainte d'être perçu comme râleur, sentiment que « ça ne changera rien », difficulté à identifier le bon interlocuteur. Et puis, signaler une prise électrique hors service, est-ce vraiment prioritaire ? Cette auto-censure s'installe progressivement, jusqu'à devenir la norme.

La friction du signalement amplifie le phénomène. Chaque étape supplémentaire décourage. Le coût perçu de l'action finit par dépasser le bénéfice attendu. Ce constat interroge : combien d'irritants quotidiens échappent au radar des DET ? Ceux-ci doivent lutter au quotidien contre ce mécanisme psychologique documenté de l'impuissance acquise. Lorsqu'un collaborateur a le sentiment que ses signalements précédents n'ont pas abouti, ou qu'il n'a jamais eu de retour sur leur traitement, il cesse progressivement de s'exprimer. Le silence ne traduit pas la satisfaction ; il manifeste une forme de renoncement.
Acoustique, éclairage, connectique… Les irritants du quotidien altèrent in fine l’environnement de travail du collaborateur. Or, pour les DET, une démarche QVCT passe par la capacité à capter ces signaux faibles avant qu'ils ne se transforment en problèmes majeurs.
L'étude de la DARES publiée en décembre 2023 sur les 3,2 millions de salariés français travaillant en open space établit un constat net : ces derniers présentent un risque accru de dépression selon le score de bien-être de l'OMS, en partie lié à l'exposition au bruit et au manque d'autonomie. Rendre le signalement accessible, c'est transformer un irritant subi en problème identifié et donc traitable.

La mise en place d'un outil de signalement accessible change la donne et transforme radicalement le volume et la nature des remontées. Prenons le cas d’un immeuble tertiaire francilien : le déploiement de la plateforme de MerciYanis et l’installation de QR codes dans les espaces communs permet de faire émerger en quelques semaines une cartographie inattendue des irritants : stores défaillants sur tout un étage, matériel visio hors service dans une zone de coworking, problèmes acoustiques récurrents près de l'espace café. Autant de points aveugles que les rondes de maintenance ne peuvent pas identifier et que les occupants tolèrent sans mot dire.
Le ticketing ne se réduit donc pas à un outil de gestion des incidents. Il fonctionne comme un canal d'expression qui légitime la parole des occupants sur leur environnement quotidien. À condition que ce canal soit visible, accessible et crédible.

Mettre en place un outil de collecte des demandes ne suffit pas. L'enjeu réside dans la boucle complète. Un occupant qui constate que son signalement a déclenché une action, même partielle, développe une confiance dans le système. Il signalera à nouveau. À l'inverse, l'absence de réponse renforce le sentiment d'inutilité et tue dans l'œuf les remontées futures.
Cette dynamique a un impact direct sur la perception de l'entreprise. Les collaborateurs qui voient leurs irritants pris en compte se sentent écoutés. Ce qui représente un levier puissant de qualité de vie au travail. En instaurant un dialogue structuré avec les occupants, ils renforcent leur crédibilité au sein de l'organisation. Ils cessent d'être perçus comme une fonction subie, celle qui gère les pannes et les réclamations, pour devenir un interlocuteur actif de l'expérience collaborateur.
Les remontées terrain constituent à ce titre une mine d'informations : délais de résolution, récurrence des incidents par zone, satisfaction des occupants. Autant de métriques qui transforment une fonction support en fonction stratégique.
L'insatisfaction silencieuse n'est pas une fatalité. Elle résulte le plus souvent d'un défaut de canal plutôt que d'un manque d'engagement des occupants. Mettre à disposition un outil de signalement simple, visible et réactif ne génère pas des plaintes supplémentaires : il révèle des irritants qui existaient déjà mais restaient dans l'ombre.
Cette révélation peut sembler inconfortable au premier abord. Elle constitue en réalité une ressource précieuse pour le DET, à condition d'être traitée comme telle. Car un problème signalé est un problème qui peut être résolu. Et un occupant qui s'exprime est un occupant qui fait encore confiance à l'organisation pour améliorer son quotidien.
Trois leviers permettent d'inverser la tendance :
✅ L'accessibilité du signalement
✅ La réactivité du traitement
✅ La transparence sur les actions menées
Lorsque ces conditions sont réunies, le silence se transforme en conversation et la conversation en amélioration continue de l'environnement de travail. Vos collaborateurs ont des choses à vous dire. Reste à leur donner le moyen de le faire.

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