En bref : La qualité de l'air intérieur au bureau ne relève pas seulement du confort : elle impacte aussi la santé des collaborateurs. Grâce aux capteurs de qualité de l'air, les directions de l'environnement de travail peuvent mesurer la QAI, détecter les dysfonctionnements et piloter efficacement leurs actions de maintenance.
En moins de deux mois, la France a déjà connu trois épisodes de canicule en 2026. Le dernier en date, qui s’est étendu du 4 au 19 juillet, est devenu le troisième épisode caniculaire le plus long jamais enregistré dans le pays, à égalité avec ceux d’août 2003 et des étés 2018 et 2025, selon Météo-France. Ces épisodes de chaleur extrême rappellent que les fortes températures constituent désormais un risque professionnel à part entière. Depuis 2025, un cadre réglementaire renforcé impose aux employeurs de mieux les anticiper et de protéger les salariés. Pour les directions de l’environnement de travail, la gestion du confort thermique et de la qualité de l’air intérieur s’impose désormais comme un enjeu majeur de la saison estivale. Ils font d’ailleurs partie des critères évalués par la certification WELL, qui place la qualité de l’air intérieur et le bien-être des occupants au cœur de ses exigences.
La QAI dans les bureaux

Dans les bureaux, la qualité de l’air intérieur (QAI) désigne l’atmosphère des espaces de travail où les sources de pollution ne sont pas directement liées à une activité professionnelle spécifique, comme l’utilisation de produits chimiques ou certains procédés industriels. À l’intérieur des bâtiments, l’exposition des personnes à de multiples substances chimiques ou à des micro-organismes tels que les moisissures, même à de faibles doses, peut influer sur les conditions de travail et conduire, sur des temps longs, à un risque chronique pour la santé.
Au-delà de ses effets sur la santé, la qualité de l’air intérieur impacte directement les performances des collaborateurs. Une étude menée par des chercheurs de l’Université Harvard et publiée dans la revue scientifique Environmental Research Letters montre qu’une meilleure qualité de l’air améliore significativement les capacités cognitives, notamment la concentration, la prise de décision et la réactivité. Or, dans une salle de réunion accueillant huit personnes, le taux de CO₂ peut rapidement dépasser les seuils recommandés en moins d’une heure, précisément au moment où les échanges s’intensifient et où les décisions les plus importantes doivent être prises. Un phénomène souvent invisible, mais loin d’être anodin pour l’efficacité collective.
Que dit la réglementation ?
En France, la qualité de l’air intérieur (QAI) dans les bureaux relève avant tout des obligations générales de l’employeur inscrites dans le Code du travail. Celui-ci impose de mettre à disposition des salariés des locaux correctement ventilés, afin de préserver leur santé et d’assurer des conditions de travail satisfaisantes. Concrètement, lorsque l’aération est assurée par ventilation mécanique, la réglementation fixe un débit minimal d’air neuf de 25 m³/h par occupant dans les bureaux et de 30 m³/h dans les salles de réunion. Une ventilation naturelle n’est admise que si le volume d’air disponible atteint au moins 15 m³ par personne dans les bureaux. Plus largement, l’employeur doit veiller à maintenir un air suffisamment renouvelé pour éviter l’accumulation de polluants, les nuisances olfactives ou encore les phénomènes de condensation. Au-delà de ces exigences réglementaires, les recommandations techniques sont plus ambitieuses. L’INRS préconise un apport d’air neuf d’au moins 50 m³/h par occupant dans les espaces tertiaires, de préférence via une ventilation mécanique centralisée. L’objectif est de limiter l’augmentation de la concentration en dioxyde de carbone (CO₂) à 400 ppm maximum au-dessus du niveau de l’air extérieur, un seuil également retenu par les normes NF EN 16798-1 (2019) et NF X 35-102 (2023) pour la conception des espaces de travail.
Croiser le ressenti des occupants et les données terrain

« Il fait lourd », « l’air est étouffant », « ça sent bizarre »… Les premiers indicateurs d’une dégradation de la qualité de l’air sont souvent les remontées des occupants. Précieuses, ces alertes restent néanmoins subjectives : la perception d’un inconfort varie d’une personne à l’autre et ne permet pas toujours d’identifier l’origine du problème.
C’est là que les capteurs de qualité de l’air prennent tout leur sens. En mesurant en continu des paramètres tels que le taux de CO₂, la température ou l’humidité, ils fournissent des données objectives et déclenchent des alertes dès que des seuils prédéfinis sont dépassés. En croisant ces mesures avec les signalements remontés via une plateforme de ticketing comme MerciYanis, les directions de l’environnement de travail disposent d’une vision à 360° de la situation. Elles peuvent ainsi distinguer un inconfort ponctuel d’un véritable dysfonctionnement, prioriser les interventions et agir plus rapidement pour préserver le confort, la santé et la performance des occupants.
Par ailleurs, si les dépassements de seuil se répètent dans une même zone malgré les actions menées, les données peuvent mettre en évidence un problème structurel (filtres encrassés, centrale de traitement d’air ou VMC défaillante, par exemple). La qualité de l’air devient alors un indicateur objectif pour piloter les prestataires CVC, évaluer l’efficacité des interventions et prioriser les opérations de maintenance.
« Grâce aux capteurs de qualité d’air MerciYanis, nous connaissons désormais les zones de densité et les lieux avec un risque sanitaire », confirme Nathalie Cara, responsable de l’environnement de travail chez Manutan. Cette dernière a installé des capteurs de qualité d’air pour anticiper ses déménagements ou réagencements d’espaces. En analysant la circulation de l’air et l’évolution des paramètres mesurés, les équipes peuvent identifier les ajustements structurels nécessaires et déterminer les configurations d’espaces les plus adaptées. Centralisées dans la plateforme MerciYanis, ces informations permettent également de suivre les indicateurs en temps réel et d’être alerté en cas de dépassement de seuils critiques.
Pour en savoir plus sur les capteurs MerciYanis, consultez notre catalogue de solutions pour les DET
La qualité de l’air, un levier de valorisation des bâtiments
La qualité de l’air intérieur constitue également un véritable atout pour démontrer la qualité des environnements de travail. Les données collectées par les capteurs fournissent des preuves objectives lors des audits, facilitent l’obtention ou le maintien de certifications telles que WELL et HQE et permettent d’alimenter les démarches RSE de l’entreprise. Elles constituent aussi un support de communication interne précieux : partager des indicateurs de qualité de l’air ou informer les collaborateurs des actions mises en œuvre pour améliorer leur confort renforce la transparence et contribue à instaurer un climat de confiance.
En bref
La qualité de l’air intérieur devient aujourd’hui un véritable enjeu de pilotage pour les directions de l’environnement de travail. En combinant les ressentis des occupants, les données issues des capteurs et le suivi des interventions, les entreprises disposent désormais d’une vision plus fine pour anticiper les risques, améliorer la qualité de leur environnement de travail. À l’heure où les attentes en matière de santé et de bien-être prennent de l’ampleur, la QAI devient un indicateur clé de la qualité des bâtiments et de l’expérience collaborateur.
