Comment convaincre un donneur d’ordre d’adopter une approche data-driven

Découvrez comment les prestataires utilisent la donnée pour améliorer la qualité de service, réduire les litiges et renforcer leur crédibilité opérationnelle.

Publié le

16.6.2026

par

Caroline Degroote

La plupart des prestataires propreté parlent “outils”. Les donneurs d’ordre, eux, attendent des preuves.

“Nous avons une plateforme.”
“Nous suivons plus de 150 KPI.”
“Notre solution centralise toutes les données terrain.”

Très bien. Mais concrètement, on comprend quoi derrière ? 

Dans les métiers de la propreté et du multiservices, beaucoup de discours autour de la data restent trop abstraits : des tableaux de bord partout, des indicateurs illisibles, des promesses très techniques… mais rarement reliées aux véritables enjeux opérationnels des clients.

Et c’est souvent là que les discours perdent en impact. Oui, parce qu’un donneur d’ordre lui ne cherche pas “plus de data”.

Il cherche plutôt :

  • moins de réclamations,
  • plus de visibilité,
  • des preuves d’exécution fiables,
  • moins de litiges,
  • une meilleure réactivité,
  • et davantage de maîtrise sur son contrat.


Autrement dit : la donnée n’a de valeur que lorsqu’elle améliore concrètement la qualité de service et l’organisation terrain. Bim.

Le problème : trop de discours “data” restent déconnectés du terrain

Vous n’êtes pas passés à côté : dans le secteur des services, la transformation digitale s’accélère : 

  • Applications terrain.
  • Contrôles digitalisés.
  • Ticketing.
  • Capteurs.
  • Automatisation.
  • Reporting temps réel.

Mais du côté des donneurs d’ordre, il y a un constat qui revient souvent : “On nous montre beaucoup d’outils. Peu de résultats opérationnels.”

Le problème ne vient pas de la technologie elle-même. Il vient du fait que beaucoup de prestataires présentent encore la donnée comme une finalité… au lieu de la présenter comme un moyen d’améliorer le quotidien du client. 


La vraie question devient donc :

Comment la donnée aide-t-elle concrètement le donneur d’ordre à mieux gérer son environnement de travail ?

Et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles certains projets de transformation digitale peinent à produire les résultats attendus : lorsque les outils sont trop complexes ou trop éloignés des réalités terrain, leur adoption est très limitée et la qualité des données se dégrade très vite.

On vous en parlait d'ailleurs dans notre article : “Pourquoi les équipes d’exploitation ont besoin d’outils simples

Une approche data-driven doit résoudre un problème concret

Si vous voulez faire partie des prestataires les plus convaincants, retenez bien : stop aux focus sur les fonctionnalités. Montrez comment vos données résolvent des problèmes très opérationnels. Des problèmes que votre client vit déjà tous les jours.


Exemple n°1 : adapter les prestations à l’occupation réelle


Depuis le développement du flex office et du télétravail, les usages des bâtiments ont profondément changé.

  • Certaines zones sont saturées.
  • D’autres restent quasiment vides plusieurs jours par semaine.

Continuer à nettoyer partout avec la même intensité n’a plus de sens. C’est à ce moment qu’une approche data-driven devient intéressante.

En utilisant des données d’occupation, c’est tellement plus simple d’ajuster les fréquences de nettoyage en fonction des usages réels des espaces.

Et les résultats peuvent être très concrets. Selon une étude de cas menée par la société Mero auprès de Crown Property Management, l’ajustement des prestations de nettoyage à l’occupation réelle des espaces a permis :

  • plus d’1 million de dollars économisés
  • sur un portefeuille de 43 immeubles tertiaires
  • tout en maintenant la qualité de service

Exemple n°2 : objectiver la qualité de service


Pendant longtemps, beaucoup de contrats reposaient essentiellement sur du ressenti :

  • “Le site a l’air propre.”
  • “On a eu quelques remontées.”
  • “Le client paraît satisfait.”

Problème : le ressenti reste subjectif. Alors avec la donnée, vous pouvez objectiver la qualité :

  • fréquence des contrôles,
  • suivi des anomalies,
  • temps de résolution,
  • récurrence des réclamations,
  • zones sensibles.

Et surtout : elle vous permet de sortir du débat émotionnel. Grâce à l’exploitation des données opérationnelles, vous pourriez multiplier par 5 la vitesse de traitement des incidents jugés “prioritaires”.

Ca c’est le genre d’exemple qui va parler immédiatement à vos donneurs d’ordre.

Exemple n°3 : réduire les litiges grâce à la traçabilité


C’est probablement l’un des sujets les plus sensibles dans nos contrats multisites. Est-ce que “Le passage a réellement été effectué ?” 

Telle est la question.

Quand on n'a pas de preuves, c'est l'arrivée des tensions :

  • contestations,
  • perte de temps,
  • échanges interminables,
  • dégradation de la relation client.

Une approche data-driven permet alors :

  • d’horodater les interventions,
  • de tracer les passages,
  • de centraliser les preuves d’exécution,
  • de fluidifier les échanges.

La traçabilité devient alors un véritable levier de confiance. Elle permet de sécuriser les échanges, d’objectiver les prestations réalisées et de réduire les contestations.

Si vous avez envie d’en savoir plus sur ce sujet, on a un article pour vous !

Et vous pourrez convaincre vos donneurs d’ordre lors d’un appel d’offres

Cerise sur le gâteau : dans les réponses aux appels d’offres, beaucoup de vos concurrents vont chercher à valoriser leur approche data-driven pour se différencier.

  • KPI.
  • Reporting.
  • Outils digitaux.
  • Plateformes.

Mauvais plan ! C’est l’erreur fréquente en soutenance : commencer par l’outil.

Les donneurs d’ordre n’achètent pas des tableaux de bord. Ils achètent de la visibilité, de la réactivité et des résultats mesurables. C’est précisément ce qui fait la différence entre un discours technologique et une proposition de valeur.

Les meilleures soutenances parlent d’abord irritants terrain, puis résultats opérationnels.

Comme nous l’expliquions dans notre article sur le ROI des outils de ticketing, les indicateurs ne prennent réellement de valeur que lorsqu’ils permettent de démontrer un impact concret sur la qualité de service, la réactivité ou les coûts d’exploitation.


Ce que le donneur d’ordre entend… et ce qu’il veut réellement entendre


Ce que dit le prestataire → Ce que veut entendre le donneur d’ordre
“Nous avons un dashboard temps réel.” “Je sais immédiatement où agir.”
“Nous suivons 150 KPI.” “Je comprends rapidement les priorités.”
“Nous digitalisons les contrôles.” “Je peux prouver la qualité réalisée.”
“Nous collectons énormément de données.” “Je réduis les réclamations et les litiges.”
“Notre plateforme est innovante.” “J’ai davantage de visibilité sur mon contrat.”

Les meilleurs prestataires utilisent la donnée pour raconter une histoire

C’est probablement le point le plus important.

Les entreprises les plus convaincantes ne présentent pas la donnée comme une couche technologique supplémentaire. Elles l’utilisent pour raconter une amélioration opérationnelle.

Le donneur d’ordre ne voit alors plus simplement un prestataire. Il voit un partenaire capable de gérer son contrat avec méthode. Cette logique devient encore plus essentielle lorsque les contrats couvrent plusieurs dizaines ou centaines de sites. (Et imaginez s'il y a plus de 200 sites à gérer !)

Sans données fiables et consolidées, il devient difficile d’identifier les dérives, de comparer les performances ou d’anticiper les besoins.

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